Homélie du 4e dimanche du Temps Ordinaire


3 février 2026

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dimanche 1er février 2026 : « Voilà l’Évangile qui nous est familier en la fête de la Toussaint, pourquoi donc le lire aujourd’hui ? »

Peut-être l’un ou l’autre d’entre vous a pu se dire : « Voilà l’Évangile qui nous est familier en la fête de la Toussaint, pourquoi donc le lire aujourd’hui ? ».

Facilement nous associons les béatitudes à la Toussaint. Lorsque cet évangile nous est lu le 1er novembre, il apparaît dans une atmosphère d’achèvement : c’est la réussite définitive de l’œuvre du Seigneur.

Et d’ailleurs c’est un texte qui est proposé et souvent choisi lors des obsèques. Comme pour dire : « ton chemin s’achève et nous reconnaissons que dans ta vie tu as essayé de vivre au mieux les béatitudes ». C’est le futur, annoncé par la plupart des béatitudes. Nos défunts ? ils seront consolés… ils seront rassasiés… ils obtiendront miséricorde… ils verront Dieu… le royaume des Cieux est à eux. Merveilleuses promesses pour évoquer notre passage lors de notre mort.

Mais aujourd’hui nous n’en sommes pas là, puisque nous sommes au début de l’année. Cet Évangile apparaît comme un commencement et non pas une fin. Nous ne sommes que le quatrième dimanche du temps ordinaire. C’est l’annonce du Royaume dans sa racine, dans son germe, dans son début.

Les béatitudes sont donc toutes au futur : ils seront consolés… ils seront rassasiés… ils obtiendront miséricorde… ils verront Dieu. Toutes au futur sauf une, celle qui ouvre ce message : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »

Je pourrais presque dire que cet Évangile nous est proposé aujourd’hui pour réentendre la première béatitude et seulement celle-là : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre car le Royaume des cieux est à eux. »

Le pauvre est celui qui reçoit avec gratitude toute chose comme venant de Dieu : être pauvre, c’est reconnaître que tout nous est confié par Dieu.

Pour le pauvre de cœur, les bonheurs de cette vie sont liés au bonheur de croire.

L’ancien père abbé de la grande Trappe de Soligny a écrit un livre intitulé : « Le bonheur en Dieu »*

Vu avec des yeux strictement humains, un moine n’a rien et pourtant il cherche le bonheur suprême qui est le Seigneur. Ce n’est pas pour rien que les religieux font vœu de pauvreté, non pas pour dire « on va vivre dans la misère » mais pour dire comme dans l’Évangile : « cherchez l’essentiel et tout le reste vous sera donné par surcroît. »

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. », c’était le refrain du psaume. Dommage que la liturgie ai choisi le psaume 145 parce que le 1, le tout premier illustre bien mieux celui qui a un cœur de pauvre : « Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. »

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux » ou encore comme l’évoquait le prophète Sophonie : « Cherchez le SEIGNEUR, vous tous, les humbles du pays. » 

AMEN

* Dubois, Marie-Gérard (1929-2011)

Le bonheur en Dieu : souvenirs et réflexions du père abbé de La Trappe / Dom Marie-Gérard Dubois ; avec la collab. de Michel Damien. – R. Laffont, 1995. – 380 p.