« Que votre lumière brille »
Matthieu 5, 13-16
Nous sommes bien le dimanche de la santé.
D’année en année, la vocation du dimanche de la santé est vraiment de rendre visibles les acteurs de la santé : l’ensemble des « soignants » (ils sont nombreux et leurs métiers sont variés !), les « aidants », les visiteurs de malades, les équipes d’aumônerie… tous ceux qui œuvrent (parfois dans l’ombre) et qui sont tellement importants, tellement essentiels pour la prise en charge des personnes malades, âgées… et la plupart d’entre nous avons une présence un jour ou l’autre près d’un malade. Ce dimanche de la santé nous concerne.
Dans ce passage de Matthieu, Jésus nous dit que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Oui, nous le sommes, de par la grâce de notre baptême, nous sommes devenus fils et filles de Dieu. Mais cela implique de prendre notre vie spirituelle au sérieux et d’accueillir chaque jour le don que Dieu veut nous offrir. Nous avons chacun une place unique dans l’Église, dans le corps du Christ. Sans cette conscience, nous risquons de devenir fades, de perdre notre saveur et notre clarté.
Mais entendons bien cette invitation : « Que votre lumière brille. »
Jeanne, étudiante en cinquième année de médecine : « J’imagine cette phrase à l’aube de chacune de mes journées, comme un petit interrupteur dessinant un sourire sur mon visage et éteignant toute fatigue, toute angoisse, tout souci autre que pour mes patients. Enfin et pour de nombreuses années, l’hôpital marque et marquera mon quotidien. Pourtant, c’est un lieu qui peut paraître obscur, synonyme de souffrance, de peur, de deuil. Je me sens éclairée sur plusieurs points depuis ce début d’externat, notamment sur le fait qu’il ne suffit pas d’être brillant pour briller. »
Il ne suffit pas d’être brillant mais il s’agit de briller. Saint Paul le disait dans la seconde lecture : « je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage. » Il ne suffit pas d’être brillant mais il s’agit de briller.
La lumière, nous l’avons entendu dans les textes est liée à ce que vous faites de bien. Du prophète Isaïe : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira. »
Et Jésus n’a pas dit « vous serez », mais il a dit « vous êtes la lumière », pas hier, pas demain, mais aujourd’hui. Il ne dit pas « vous les éblouirez par l’éclat de votre pensée ou de vos discours. » Il évoque plutôt une lumière discrète mais fidèle, comme celle d’une veilleuse dans la nuit, comme celle d’une flamme que rien ne peut étouffer.
Comme l’évoque la fin de la prière : « Fais que jamais ta lumière Seigneur ne s’éteigne en moi ! »
AMEN