Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde
Mt 28, 19a.20b
Avec Matthieu, l’évangéliste, la boucle est bouclée…
Rappelons-nous, au début de son évangile Matthieu cite un verset d’Isaïe : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous. »
« Emmanuel » : un prénom qui en dit long « Dieu-avec-nous »… Et donc aujourd’hui, Jésus, en disant à ses apôtres « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », le Christ s’applique à lui-même ce prénom.
« Dieu avec nous » tous les jours jusqu’à la fin du monde.
Emmanuel « Dieu-avec-nous » la boucle est bouclée…
Ça change tout, pour la mission qui est la nôtre. « Allez… De toutes les nations faites des disciples… Jusqu’à la fin du monde. »
Curieusement, les Apôtres n’ont l’air qu’à moitié préparés à cette mission ! Si Jésus était un chef d’entreprise, il ne pourrait pas prendre le risque de confier la suite de son affaire à des collaborateurs comme ceux-là.
Et d’ailleurs Matthieu dit clairement « Certains eurent des doutes ». D’une certaine manière, mission impossible !
La mission qui leur est confiée et qui est pleine de risques est de promouvoir un message qui les surprend encore. Folie, diront les gens sages, Sagesse de Dieu répondra saint Paul. C’est que l’entreprise dont il s’agit n’est pas banale : elle dépasse tout ce que l’esprit humain peut imaginer ou concevoir. Il s’agit de garder cette réelle communion entre Dieu et les hommes. Celui qui est venu en allumer l’étincelle confie à ses disciples le soin d’en répandre le feu.
« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. »
La mission confiée aux apôtres s’apparente bien à une folie ; mais ils ne sont pas seuls, et cela, il ne faut jamais l’oublier : dans la mesure où notre témoignage n’est pas tout à fait le nôtre, mais le sien, nous n’avons pas de raison de nous inquiéter des résultats : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! » … En d’autres termes, c’est nous qui allons, mais c’est lui qui a tout pouvoir…
On raconte du pape Jean XXIII que peu de jours après son élection il reçoit la visite d’un ami qui lui dit « Très Saint Père, comme la charge doit être lourde ! » Jean XXIII répond « C’est vrai, le soir, quand je me couche, je pense Angelo, tu es le Pape et j’ai bien du mal à m’endormir ; mais, au bout de quelques minutes je me dis « Angelo, que tu es bête, le responsable de l’Église, ce n’est pas toi, c’est le Saint-Esprit… » Alors je me tourne de l’autre côté et je m’endors… ! »
Nous aussi, semble-t-il, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles : l’évangélisation doit être notre passion, mais pas notre angoisse ! Jésus a bien précisé « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la Terre. »
Notre témoignage n’est pas tout à fait le nôtre, à condition de bien vivre les cinq essentiels*.
* Prière, Fraternité, Service, Formation, Évangélisation
AMEN