Homélie de Pentecôte — Solennité
« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint »
(Jn 20, 19-23)
Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !
Ps 103 (104), 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34
Comme pour la Pâque nous sommes aujourd’hui avec Pentecôte en présence d’une fête juive.
La Pâque juive ?
Pour faire mémoire de la libération du peuple hébreu esclave en Égypte.
La Pentecôte juive ?
Les rabbins assurent que c’est en ce jour qu’eut lieu le don de la Torah, le don de la loi cinquante jours après l’Exode hors d’Égypte.
Nous l’avons donc entendu dans le récit des Actes des Apôtres.
À l’époque du Christ, la Pentecôte juive était très importante : l’une des trois fêtes de l’année pour lesquelles on se rendait à Jérusalem en pèlerinage. L’énumération de toutes les nationalités réunies à Jérusalem pour cette occasion en est la preuve : « Parthes, Mèdes, Élamites, Crétois, Arabes, etc. »
La ville de Jérusalem grouillait donc de monde venu de partout, des milliers de Juifs venus parfois de très loin : c’était l’année de la mort de Jésus, mais qui d’entre eux le savait ? Ces gens venus de partout n’ont probablement jamais entendu parler de ce Jésus de Nazareth.
Cette année-là est comme toutes les autres, cette fête de Pentecôte sera comme toutes les autres.
Sauf pour les disciples, bien sûr, cette fête de Pentecôte, cinquante jours après la Pâque de Jésus, celui qu’ils ont vu entendu, touché… après sa Résurrection…
Cette Pentecôte ne ressemble à aucune autre ; pour eux plus rien n’est comme avant… Ce qui ne veut pas dire qu’ils s’attendent à ce qui va se passer !
Et il va se passer trois choses
- Les langues de feu de la Pentecôte, le bruit « comme un violent coup de vent » suggèrent que nous sommes ici dans la ligne de ce qui s’était passé au Sinaï, quand Dieu avait donné les tables de la Loi à Moïse ; on trouve cela au livre de l’Exode : « Dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs, une lourde nuée sur la montagne,… tout le peuple trembla. »
En s’inscrivant dans la ligne de l’événement du Sinaï, saint Luc veut nous faire comprendre que cette Pentecôte, cette année-là, est beaucoup plus qu’un pèlerinage traditionnel : c’est un nouveau Sinaï. Comme Dieu avait donné sa Loi à son peuple, désormais Dieu donne son Esprit-Saint à son peuple… Désormais la Loi de Dieu est écrite non plus sur des tables de pierre mais sur des tables de chair, dans le cœur de l’homme.
- Deuxièmement : « Je répandrai mon esprit sur tout être de chair », dit Dieu dans le livre de Joël ; « tout être de chair » c’est-à-dire tout être humain. L’humanité entière est concernée !
- Troisièmement : vous vous souvenez de l’histoire de Babel : plus personne ne se comprend c’est la zizanie. À la Pentecôte l’humanité apprend la diversité, elle apprend l’unité dans la diversité : désormais toutes les nations qui sont sous le ciel entendent proclamer dans leurs diverses langues l’unique message : les merveilles de Dieu.
Trois choses à Pentecôte
- L’Esprit-Saint habite désormais le cœur de l’homme
- L’Esprit-Saint pour toute l’humanité
- L’Esprit-Saint nous apprend l’unité dans la diversité.