Homélie du 11e dimanche du Temps Ordinaire


16 juin 2026

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La moisson est abondante


dimanche 14 juin 2026

La moisson est abondante

Mt 9, 36 – 10, 8

« La moisson est abondante »… mais de quelle moisson s’agit-il ?

Vous savez bien que pour moissonner il s’agit de le faire à la bonne période. Pas question de le faire trop tôt, d’aller trop vite et de récolter des grains qui n’étaient pas prêts pour la moisson. Nous en avons tous fait l’expérience avec des tout jeunes enfants dans un carré de fraises, à peine rouge et même plutôt verte et la fraise est déjà dans le panier, dommage il fallait encore attendre quelques jours.

Dans son encyclique « magnifique humanité » le pape Léon l’évoque en disant : « il faut laisser faire le temps ».

Le pape Léon cite saint Jean-Paul II qui rappelait que dans l’histoire de l’Église il y a des périodes où nous avons cédé à « des méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité », les méthodes étaient radicales sans laisser le grain mûrir.

La Bonne Nouvelle qu’il nous faut annoncer est un don à partager et non pas une possession à revendiquer. Je la possède, je la revendique et je te l’impose ! Non au contraire, j’avance avec toi, je cherche le chemin, la vérité et la vie avec toi…

Le pape Léon d’ajouter : « il faut retrouver la voie évangélique de l’annonce douce et de la vérité qui ne s’impose pas. Dans le même esprit, j’ai réaffirmé, dit-il, que l’Église ne veut pas lever l’étendard de la possession de la vérité ».

« Il ne s’agit pas avant tout d’occuper des espaces de pouvoir ou de défendre des bastions culturels, mais d’engager des processus de bien et de les laisser mûrir. »

Disant encore : «car la vérité n’est pas un territoire à défendre, mais un bien à partager. » … « Ainsi, la vérité de l’Évangile ne s’impose pas d’en haut, mais grandit au fil du temps »

Encore une fois je vais évoquer les cinq essentiels, qui, s’ils sont vécus permettent un terreau fertile qui permettra avec le temps une belle moisson.

Je pourrais l’illustrer notamment avec les écoles, le temps permet aujourd’hui d’entendre des demandes inattendues. Tel parent en marche vers le baptême, tel papa demandant de se préparer à la première communion. Des directrices soucieuses de transmettre.

Pour qu’il y ait une moisson demain, il faut bien aujourd’hui, faire en sorte que le terreau soit fertile.

Le psaume le disait d’une autre manière : « Le SEIGNEUR est Dieu : il nous a faits et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. »

Ce doit être pour nous « un sujet d’émerveillement » mais dans l’humilité : la Bible invite à le vivre comme une mission et non comme un sujet d’orgueil.

D’ailleurs, qui est le maître de la moisson ?

La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson.

Prier le « Maître de la moisson », c’est accepter que je ne sois pas moi-même le Maître. Est-ce que je désire que se réalise, dans notre paroisse, la demande fondamentale de la prière du Notre Père :
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ?

AMEN